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Le risque de sécheresse

La sécheresse : deux risques en un

Le risque de sécheresse s’impose aujourd’hui comme un enjeu majeur dans un contexte de changement climatique marqué par des épisodes plus fréquents et plus intenses de déficit hydrique. Il se caractérise par une diminution prolongée des précipitations, entraînant une raréfaction progressive de la ressource en eau, tant en surface que dans les nappes souterraines. Cette situation engendre des tensions croissantes sur les usages de l’eau, nécessitant la mise en place de mesures de sobriété hydrique visant à limiter la consommation et à arbitrer entre les différents besoins (alimentation en eau potable, agriculture, industrie, milieux naturels). Par ailleurs, la sécheresse a des impacts indirects mais significatifs sur les sols, notamment à travers le phénomène de retrait-gonflement des argiles (RGA), qui provoque des désordres sur les bâtiments et les infrastructures. Ainsi, le risque de sécheresse dépasse la seule question de la ressource en eau : il constitue un risque systémique, à la fois environnemental, économique et structurel pour les territoires.

  • La sécheresse hydrologique

    La sécheresse hydrologique correspond à une situation de diminution durable des ressources en eau disponibles dans les milieux naturels, notamment les cours d’eau, les lacs et les nappes souterraines. Elle se manifeste généralement avec un décalage temporel par rapport à la sécheresse météorologique, car elle résulte de l’accumulation prolongée de déficits en précipitations et d’une recharge insuffisante des ressources.

    Concrètement, cette forme de sécheresse se traduit par :

    • une baisse des débits des rivières (étiages sévères),
    • une diminution du niveau des nappes phréatiques,
    • un affaiblissement des réservoirs naturels et artificiels.

    La sécheresse hydrologique dépend fortement des caractéristiques du territoire :

    • géologie (capacité de stockage des aquifères),
    • type de sol,
    • occupation des sols,
    • gestion des prélèvements.

    Ses impacts sont particulièrement structurants, car elle affecte directement :

    • l’alimentation en eau potable,
    • les usages agricoles et industriels,
    • le bon fonctionnement des écosystèmes aquatiques (hausse de la température de l’eau, baisse de l’oxygénation, mortalité piscicole).

    Enfin, elle est souvent aggravée par les prélèvements anthropiques et les effets du changement climatique, qui modifient les régimes de précipitations et augmentent l’évapotranspiration. Elle constitue ainsi un indicateur clé de la pression globale sur la ressource en eau à l’échelle d’un territoire.

  • Le retrait-gonflement des argiles (RGA)

    Le retrait-gonflement des argiles (RGA) constitue un risque naturel lié au comportement des sols argileux soumis à des variations de teneur en eau. Ce phénomène se traduit par une variation de volume des sols : ils se rétractent en période de sécheresse sous l’effet du dessèchement, puis gonflent lors du retour de conditions humides. Ces mouvements, souvent différenciés selon la nature du sol et l’humidité locale, engendrent des contraintes importantes sur les structures en surface.

    Le risque de RGA est fortement corrélé aux épisodes de sécheresse, qui accentuent la déshydratation des sols en profondeur et augmentent l’amplitude des cycles de retrait et de gonflement. Il concerne particulièrement les zones où les formations argileuses sont présentes en proportion significative, ainsi que les périodes marquées par des alternances rapides de sécheresse et de réhydratation.

    Ses impacts se manifestent principalement sur le bâti, notamment les maisons individuelles peu adaptées à ces mouvements de terrain. Les désordres observés incluent :

    • l’apparition de fissures sur les façades et les murs porteurs,
    • des déformations des fondations,
    • des discontinuités dans les dallages et les planchers,
    • des dysfonctionnements des ouvertures (portes et fenêtres).

    Au-delà des bâtiments, les infrastructures (voiries, réseaux enterrés) peuvent également être affectées, générant des coûts importants de réparation. Le RGA représente ainsi un enjeu majeur en matière d’assurance et d’aménagement du territoire, étant l’une des principales causes d’indemnisation au titre des catastrophes naturelles en France.

    Enfin, la vulnérabilité au risque de RGA dépend de plusieurs facteurs : la nature des sols, les techniques de construction, la gestion de l’environnement immédiat des bâtiments (végétation, drainage), ainsi que l’intensité et la fréquence des épisodes de sécheresse. Dans un contexte de changement climatique, ce risque est amené à s’intensifier et à concerner des territoires de plus en plus étendus.

Les principaux impacts de la sécheresse dans les entreprises

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Baisse de la production et arrêt d'activité

La sécheresse hydrologique perturbe les activités économiques en raison de la raréfaction de l’eau disponible. Elle entraîne des difficultés d’approvisionnement pour des secteurs dépendants (agroalimentaire, énergie, chimie, BTP), imposant des restrictions de prélèvement et une baisse des productions. Ces tensions provoquent des retards dans les chaînes d’approvisionnement et, dans les cas les plus critiques, peuvent conduire à l’arrêt temporaire de certains sites industriels.

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Hausse des coûts et perturbation des chaînes d’approvisionnement

La raréfaction de la ressource en eau entraîne une augmentation du coût de l’eau et des dépenses liées à la recherche de solutions alternatives (forages, recyclage, transport d’eau). Les entreprises peuvent aussi être impactées indirectement par les difficultés de leurs fournisseurs ou clients situés dans des zones touchées.

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Atteinte à l’image et pression réglementaire accrue

Face à la crise climatique, les entreprises sont de plus en plus attendues sur leur gestion durable de l’eau. Une mauvaise anticipation ou une surconsommation en période de restriction peut nuire à leur réputation. De plus, les réglementations environnementales se renforcent, obligeant les acteurs économiques à adapter leurs pratiques et à investir dans des technologies plus sobres

Comment évaluer son niveau de risque ?

Quelques chiffres clés

23 millions
Nombre de personnes, en France, qui vivent dans des communes ayant été reconnues en état de catastrophe naturelle RGA (CGDD, Ministère de la transition écologique).
5,6 milliards
C'est le coût socio-économique estimé engendré par la sécheresse de 2022 en France. (CGDD, Ministère de la transition écologique)
33 milliards
Les prélèvements d’eau douce s’élèvent en moyenne à environ 33 milliards de m³ par an en France et en Italie.
53 %
En août 2025, 53 % du territoire européen et méditerranéen était affecté par la sécheresse, un niveau record depuis le début des observations (Selon Corpenicus/EDO).

Les dispositifs à connaitre

Afin de lutter contre ce risque, plusieurs dispositifs publics existent afin d’accompagner les entreprises et les territoires dans l’anticipation et la gestion des épisodes de sécheresse.
  • Le Plan eau
    Dispositif national structurant visant à réduire les prélèvements d’eau de 10 % d’ici 2030, à améliorer la disponibilité de la ressource grâce au développement du stockage et de la réutilisation des eaux usées, ainsi qu’à sécuriser durablement l’accès à l’eau potable pour les territoires et les populations.
  • Les arrêtés préfectoraux de restriction d'eau

    Dispositifs de gestion de crises déclenché en période de sécheresse par les préfets. Il repose sur 4 niveaux progressifs (vigilance, alerte, alerte renforcée, crise) permettant d’adapter les mesures selon la gravité.

    Ces arrêtés imposent des restrictions ou interdictions d’usage (irrigation, arrosage, activités économiques) afin de préserver la ressource.

    En situation de crise, les usages prioritaires (eau potable, santé, sécurité) sont maintenus tandis que les autres peuvent être fortement limités voire suspendus.

    En savoir plus sur les restrictions :

    VigiEau – plateforme officielle des restrictions

    Les arrêtés préfectoraux s’appuient sur les arrêtés cadres sécheresse qui structurent la gestion de la ressource par bassin, les arrêtés cadres définissent des seuils de déclenchement, organisent les règles de restriction territoriales et assurent la coordination des acteurs (État, agences de l’eau).

  • L'assurance "catastrophes naturelles" (risque de RGA)

    L’assurance « catastrophes naturelles » (catnat) est un dispositif public-privé instauré en 1982 pour indemniser les dommages matériels causés par des événements naturels d’intensité anormale, tels que les inondations, les sécheresses ou les mouvements de terrain.

    Adossée aux contrats d’assurance dommages (habitation ou biens professionnels), elle repose sur un principe de solidarité nationale : dès lors qu’un arrêté interministériel reconnaît l’état de catastrophe naturelle, les assurés peuvent être indemnisés pour les pertes subies.

    Pour les entreprises, ce mécanisme permet de couvrir une partie des dommages affectant leurs bâtiments, équipements ou stocks, dans des délais encadrés qui facilitent la reprise d’activité. L’indemnisation est financée conjointement par les assureurs et la Caisse centrale de réassurance (CCR), soutenue par la garantie de l’État.

    Elle constitue ainsi un outil clé pour sécuriser les activités face aux aléas climatiques, en limitant les pertes financières et en contribuant à la continuité économique des territoires.

    En savoir plus.

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